Jeune salarié-associé d’Alma, Pierre a récemment participé à une formation coopérative sur la dynamique économique de l’entreprise animée par l’Union Régionale des Scop. Il en revient avec de nouvelles connaissances un autre regard sur la gestion de l’entreprise… Témoignage.

 

« Nous avons donc décidé d’acheter deux machines-outils supplémentaires pour 100 000 € ; nous serons juste au niveau trésorerie, mais si les créances client n’augmentent pas trop, cela devrait passer », conclut mon voisin. Nous sommes plusieurs à nous dire que c’est un choix risqué et qu’il faudrait peut-être être un peu plus prudents, mais après tout…

… Ce n’est qu’un jeu ! Nous sommes à Lyon, dans les locaux de l’Union Régionale des Scop, pour participer à une formation sur la dynamique économique de l’entreprise. Une dizaine de coopérateurs de différentes Scop, en plein jeu de simulation. Répartis en plusieurs équipes, nous découvrons ainsi comment, à partir d’une situation initiale identique, nos actions font évoluer la situation économique de l’entreprise. A chaque étape, nous établissons la comptabilité de l’entreprise et étudions l’évolution des différents indicateurs.

Cela peut paraître étrange de proposer une formation de cette nature à des ingénieurs en informatique. La comptabilité, n’est-ce pas cette discipline austère qui consiste simplement à rentrer des chiffres dans un tableau ? Durant trois jours, nous découvrons que c’est un peu plus que cela : nous apprenons à établir bilans et comptes de résultat, à estimer un besoin en fond de roulement ou à distinguer les différents indicateurs permettant d’analyser l’activité économique d’une entreprise.

Nous sommes tous en effet associés de nos Scop respectives, et donc tous concernés par l’analyse économique de notre entreprise. Si nous bénéficions d’une grande transparence sur les informations économiques, nous avons vite réalisé que cela ne suffit pas pour comprendre les documents comptables qui nous sont présentés en Assemblée Générale. Et de s’interroger sur pourquoi notre bâtiment ne vaut plus rien après 20 ans, ou sur le montant des provisions pour risques qui paraissent bien trop élevées…

A travers des formations comme celle-ci, nous obtenons donc des éclairages mais surtout une meilleure compréhension des outils d’analyse économique — et au passage, nous portons un regard nouveau sur notre comptable ! C’est aussi l’occasion de croiser des coopérateurs d’autres entreprises, de découvrir leur activité ou d’échanger sur nos différences d’organisation.

Etre coopérateur, ce n’est donc pas seulement s’impliquer dans le choix du café, c’est aussi se sentir concerné par la dynamique économique de l’entreprise et avoir les moyens de la comprendre.