L'association MCAE Isère Active favorise la création et le développement d’initiatives économiques et solidaires créatrices d’emploi en Isère. Soucieuse de favoriser l’implication des Almatiens dans ce type de projets, Alma est membre du comité d’engagement de MCAE Isère Active depuis 2006. Elle y est aujourd'hui représentée par Boris et Farid, qui témoignent de leur expérience.

 

De quelle manière êtes-vous impliqués dans MCAE Isère Active ?

Farid : Nous faisons partie du comité d’engagement et d’appui solidaire de MCAE Isère Active depuis environ deux ans. Le comité se réunit une demi-journée tous les 15 jours, soit un comité par mois pour l’un et l’autre. En amont du comité, nous recevons des notes d’expertise à lire. Elles peuvent concerner une demande de financement ou d’accompagnement. Elles sont élaborées par un(e) chargé(e) de mission de MCAE et présentent la structure demandeuse, son bilan comptable et le contexte de sa demande.

Comment sont étudiés les dossiers ?

Boris : le ou la chargé(e) de mission fait d’abord un résumé des éléments clefs de la note, suivi d’un temps de discussion entre les membres du comité. On en dégage en général un certain nombre de questions. Nous recevons ensuite les porteurs de projet, qui se présentent et exposent leur demande. S’ensuit un échange assez libre avec le comité. C’est à cette occasion qu’il attire leur attention sur d’éventuels points de vigilance. Enfin, le comité délibère et vote, puis rédige un compte rendu de la décision.

Quels types de projets vous sont présentés ?

Farid : Les projets que nous étudions sont variés en termes d’activités mais rentrent tous dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) : ressourcerie, aide à domicile, chantiers d’insertion, restauration, événementiel, etc.

De qui est composé le comité ?

Boris : Le comité est constitué de bénévoles de différents secteurs d’activités : banques, associations (notamment avec des problématiques d’insertion), structures accompagnant les associations, les entreprises, et les entrepreneurs dans leur projet de création d’entreprise.

Ne faut-il pas de solides bases de gestion ou entrepreneuriales pour juger de la viabilité des projets ?

Boris : L’étude des dossiers qui nous sont présentés comprend certes un important volet de gestion financière, mais la consultation des membres du comité ne s’arrête pas à la seule question de la santé financière de la structure demandeuse. Il s’agit aussi d’élargir l’horizon des demandeurs par la discussion avec des personnes ayant un regard neuf sur leur projet.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au comité ?

Boris : Les deux personnes impliquées à Alma dans cette démarche avant moi, d’abord, qui ont aiguisé ma curiosité. Ensuite, un besoin personnel d’investissement dans une action porteuse de sens, à caractère local.

Farid : L’envie de découvrir le monde et les rouages associatifs et entrepreneuriaux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Qu’est-ce que cette expérience vous apporte ?

Farid : Une réelle vision de l’économie sociale et solidaire, avec ses projets et ses difficultés. Une expérience dans le domaine de l’analyse financière et la satisfaction d’être un élément d’appui à cette économie.

Boris : Une vision du tissu associatif isérois qui est dense et très actif ; les rencontres avec les porteurs de projet sont riches à plus d’un titre, même quand ceux-ci ont du mal à entendre ce que le comité a à leur dire… Une vision également sur un autre type d’entrepreneuriat car se situant dans le champ de l’ESS.

Quel intérêt Alma a-t-elle à faire participer ses salariés à ce type d’actions ?

Boris : De par son statut de Scop et historiquement, Alma se sent impliquée dans la vie de la Cité. Alma permet à des Almatiens de participer à ce type d’actions pour qu’ils puissent mettre à profit ou élargir leurs compétences.

Farid : Alma est une Scop mais finalement un peu éloignée des problématiques de l’ESS et des difficultés très concrètes que rencontrent ces porteurs de projets. C’est un moyen pour Alma et pour nous de garder le contact avec cette réalité.

Est-ce que ça pourrait vous donner des idées pour entreprendre vous-mêmes un jour ?

Boris : Oui, cette expérience me donne une vision assez claire de ce qu’il faut pour se lancer dans un projet : étapes, démarches, temps à investir, qui solliciter, mais surtout de l’importance de ne pas tout faire tout seul et de s’entourer, de communiquer et enfin de développer des compétences en gestion.

Farid : Je ne pense pas car il y a trop de difficultés administratives et dans l’ESS, il faut composer avec beaucoup d’acteurs institutionnels !