Comme pour toute entreprise, l’Assemblée Générale d’Alma (qui s’est tenue le 5 février) valide la répartition du résultat de l’exercice. Mais dans la Scop, celle-ci obéit à des règles particulières… Explications.

En 2009, Nicolas Sarkozy a proposé de répartir les bénéfices d’une entreprise en trois tiers : un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour l’investissement dans l’entreprise. Dans Alma ce principe révolutionnaire est appliqué depuis bien longtemps en privilégiant encore d’avantage le salarié et l’entreprise, les actionnaires étant de toute façon les salariés pour l’essentiel.

Alma est dans la recherche permanente d’un équilibre entre la valorisation du travail et la pérennité de l’entreprise. Cet équilibre prévaut sur la rémunération du capital. Pour répartir le résultat d’Alma nous utilisons des mécanismes classiques disponibles pour toute entreprise… mais avec des taux un peu différents !

Rappelons d’abord un principe fondateur à Alma : tous les salariés sont associés au bout d’un de présence, et en dehors de quelques associés historiques et des retraités, tous les associés sont salariés.

La participation (la part travail)

Le travail profite aux salariés et les salariés travaillent pour eux-mêmes, enfin pour Alma qui est un peu à eux ! C’est un sentiment très enthousiasmant et très valorisant.

Nous affectons habituellement 50 % du résultat en participation (la part minimale dans une Scop est de 25 %), ce qui peut constituer dans les bonnes années un complément substantiel au salaire. Cette distribution du résultat est très clairement une forme de rémunération variable (elle dépend du résultat de l’entreprise).

C’est aussi une forme de mutualisation : Alma comprend plusieurs activités organisées en « scopettes », dont la rentabilité propre dépend de leur marché et de son modèle économique. La participation est issue du résultat global, ce qui introduit une notion de solidarité entre chaque activité et chaque salarié, même si chaque scopette est encouragée à couvrir la participation de ses membres.

Les réserves

Une partie du résultat est affectée aux réserves qui dans une Scop sont impartageables. Autrement dit, en cas de liquidation de la Scop, ces réserves ne sont pas reversées aux associés mais à d’autres Scop ou à des structures d’intérêt général ou à but non lucratif. Ce qui fait également d’une Scop une entreprise qui ne peut être vendue.

Constituer ces réserves est un gage de solidité pour le présent comme pour le futur. Par ailleurs, ces réserves sont autant de moyens d’investissement offerts à la structure et au développement de l’outil de travail.

Chez Alma nous affectons 40 % du résultat aux réserves (la part minimale dans une Scop est de 16 %) et de nombreuses années bénéficiaires ont construit une situation très solide (Alma dispose aujourd’hui de 9,7 M€ de réserves !).

La rémunération du capital (les dividendes)

La valeur des parts sociales d’une Scop est figée à sa valeur nominale, il n’y a aucune plus-value possible (les parts sont remboursées au nominal par l’entreprise lorsque la personne perd son statut d’associé) car le capital d’une Scop ne peut servir qu’à constituer et pérenniser l’outil de travail. C’est un principe fondamental qui distingue les Scop des entreprises classiques.

Un associé renforce le capital dans Alma :

  • quand il devient associé (acquisition de parts sociales pour un montant symbolique),
  • par un prélèvement sur salaire de 1 % (ce montant peut aller jusqu’à 5 % dans certaines Scop),
  • via l’affectation de sa participation.

Nous affectons 10 % du résultat à la rémunération du capital (le maximum pour une Scop est de 33,3 %). Ce capital étant essentiellement détenu par les salariés-associés, cette rémunération leur revient en grande partie.

Le résultat est donc rendu aux salariés soit directement (participation, dividendes) ou indirectement en valorisant et en développant l‘outil de travail.

En conclusion, dans Alma on se partage ce que l’on gagne et on consolide l’entreprise. Nos choix de répartition sont d’ailleurs assez proches de ceux de la moyenne des Scop, qui étaient en 2012 de 45,8 % pour la part travail, de 41,1 % pour les réserves et de 13,1 % pour les dividendes (répartition des résultats nets des Scop bénéficiaires en France).